poeme

  • La petite marchande de jouets s'en est allée ...

     Et voilà, ma boutique est fermé depuis samedi, je ne réalise pas tout à fait, j'ai par moment l'impression d'être en vacances. Difficile de m'habituer à l'idée de ne plus avoir à me rendre à Versailles pour ouvrir, après toutes ces années. Douloureux de remballer, de tout vider, de rendre les clés et de tirer sa révérance. Déchirant de quitter ses amis, même si l'on sait que l'on va les revoir. Je pense à eux et à tout ceux qui ont vécu cela dans leur vie. Bien sûr, il n'y a pas mort d'homme, je vais rebondir comme on dit, mais quand même, je suis triste ...

    Voici le poème que cet état d'âme m'a inspiré, ceux qui me connaissent se doutaient bien que je ne pouvais terminer cette histoire qu'avec des rimes :

    "Il était une fois. .. Toutes  les histoires commencent ainsi,

    Trois ours dans leur maison, entourés de leurs amis.

    Ils vivaient heureux dans cette charmante demeure,

    Même par temps pluvieux,  tous avaient du baume au coeur.

    Vous êtes venus nombreux découvrir ce repère,

    D'un trajet hasardeux ou des bruits de vos pairs.

    Vous avez adoré cet univers féerique, vous le disiez magique et fantastique.

    Vous l'avez écrit et clamé haut et fort,

    Tous vos compliments valaient plus que de l’or.

    Nous voici à la fin d'une belle histoire,

    Qui n'a commencé qu'hier, si j'ai bonne mémoire.

    Douze années passées comme des pages tournées,

    Pour vous enchanter et vous faire rêver.

    Cette fois c’est pour de bon, ce n’est pas pour changer de trottoir.

    La crise a eu raison, « BAIL  A CEDER », il est trop tard.

    Trop tard pour regretter, les flatteries ne sont plus de saison.

    Il est juste l’heure de se poser enfin les bonnes questions.

    La petite marchande de jouets s’en est allée,

    Et de sa maison des 3 ours  a  fermé les volets.

    Noël à peine fêté, et les cadeaux distribués,

    C’est un peu précipité, que tout s’est terminé.

    La petite marchande de jouets a le cœur brisé.

    Mais combien de boutiques devront encore fermer, 

    Avant que les gens ne prennent enfin conscience,

    Qu’ils sont bien plus responsables qu’ils ne pensent.

    Combien de commerces vont devoir céder,

    Tandis qu’Internet ne cesse de progresser.

    A grands coups de cadeaux, de prix bas, de promotions.

    Impossible de tenir dans de telles conditions.

    Mais je vous le dis, vous avez tort, de faire tant d’achat sur le net,

    Du petit commerce vous assurez la mort,

    Bientôt, vos rues seront tristes et désertes.

    Les commerçants de proximité sont en apnée, et ne savent plus quoi inventer.

    Ceux qui restent sont en sursis, et ont perdu le sommeil et l’appétit.

    Il faut  cesser d’être hypocrite. « Achetez local ! », voilà la bonne conduite.

    Les bonnes affaires ne durent qu’un temps, la qualité reste sans précédant.

    Ouvrez les yeux, et constatez les dégâts que le système a causés.

    Ne soyez pas si perplexe, c’est vous qui avez le pouvoir.

    Désolée si cela vous vexe. Pour ma part, je veux garder espoir.

    Car tout le monde le sait, quand l’histoire est belle,

    Il y a toujours une suite, un bis, un rappel.

    La fin d’une première partie annonce déjà le début d’une nouvelle.

    Des idées, des projets qui vous donnent des ailes.

    La petite marchande de jouets vous dit « Au revoir »,

    Et espère rester gravée dans vos mémoires…

    L’aviez-vous compris, au-delà de ces mots écrits,

    La Maison des 3 Ours, c’était tout un poème …

    Pour offrir un cadeau comme on dit « Je t’aime »..."